theo van den boogaard "what a beauty !"
jeudi 11 septembre 2008
dimanche 7 septembre 2008
dimanche 24 août 2008
Les toilettes du pape (El bano del Papa)
Quelque part à la frontière entre l'Uruguay, l'Argentine et le Brésil. Une région un peu informe, des collines basses, des prairies à vaches et des routes mal entretenues, sous un ciel immense. La caméra suit un groupe qui pédale comme des dératés, au centre duquel il y a Beto. Ce sont de petits contrebandiers qui viennent de Melo (village uruguayen) et qui profitent de la situation frontalière pour se livrer à de menus trafics.
Chronique de la vie des contrebandiers, de leur perpétuelle partie de cache-cache avec le douanier volant, homme corrompu et détestable, ce film est aussi une histoire qui parle de la nécessité d’avoir un rêve, d’espérer mieux. Nous sommes en 1988, au moment où Jean Paul II visite la région. Une calamiteuse télévision locale apprend aux citoyens de Melo que le souverain pontife célébrera chez eux une messe en plein air. Pour sortir de leur misère, les habitants de Melo se lancent avec l'énergie du désespoir, dans l'achat de vivres et de boissons destinés aux dizaines de milliers de fidèles annoncées. Beto, lui, décide de construire dans son jardin, des toilettes payantes. La naïveté des habitants, le matraquage des médias, la corruption et la brutalité des détenteurs de l'autorité fournissent tous les ingrédients nécessaires à la confection d'un désastre qui tourne en ridicule le héros du jour et ses adorateurs.
Cette vigoureuse moquerie mêle ainsi à la fois description réaliste, situation comique et émotion, portée par des acteurs professionnels et les habitants du pueblo. Il ressort de ce petit joyau cinématographique une véritable authenticité et une chaleur communicatives.
"Les toilettes du pape", c'est peut être aussi un témoignage qui dresse le portrait des habitants de Melo, de leur culture et de leurs traditions avant qu'inéluctablement, elles ne disparaissent.
Mais "les toilettes du pape" c'est surtout et avant tout une histoire d’amour, histoire silencieuse et cachée : celle d’un père qui veut être aimé, accepté et même admiré par sa fille.
Film uruguayen d'Enrique Fernandez et César Charlone avec César Troncoso, Virginia Mendez.
Dans le cadre du "Latina fait son F(E)stival" (été 2008).
lundi 18 août 2008
dimanche 10 août 2008

Le théâtre romain de Fourvière. Légère fraîcheur de la nuit. Le sourd brouhaha des voix reste intégré au silence. Au delà de la scène scintillent les lumières de la ville. Le ciel criblé d'étoiles. Je songe aux Cyclades, Amorgos, Sifnos. A Folegandros. Je chasse ces pensées qui tournent en moi et me concentre. Il importe que je sois prêt à recevoir ce qui va nous être proposé.
Le moment tant attendu, celui qui aiguise l'impatience... Et puis sa main, plongée dans la lumière du projecteur. J'adhère à cette lenteur qui insensiblement me saisit, me coupe de moi-même... éteint l'oeil de la conscience de soi. Poignet qui se retourne.
Mêlé à la nuit, le projecteur effleure alors son corps. Je retiens mon souffle, ne suis plus que fascination. Une fascination qui va s'intensifiant. Lentement, très lentement, le corps frémit, ondule. Un mouvement qui serait de l'ordre de l'immobile. Et qui pourtant ne s'arrête pas. Une statue qui soudain s'éveillerait et se mettrait à vivre ?
Le trouble grandit. Fracturé le temps. En body chair et collant noir, au centre de la table rouge, la silouhette longiligne de la ballerine amorce un nouveau geste. Moment d'éternité qui ne s'achève pas. Sylvie Guillem danse Boléro.
Représentation du 28 juin 2008. Nuit Maurice Béjart.
Je dédie ce post à May et Laure G. Avec toute mon amitié.
lundi 4 août 2008
dimanche 3 août 2008
jeudi 31 juillet 2008
mardi 22 juillet 2008
No way home, a cuban dancer's story, de Carlos Acosta
Carlos Acosta nous livre dans ces pages à la fois son autobiographie, ses interrogations et ses blessures. Celles d'une étoile du monde la danse et d'un homme qui danse.Du gamin indiscipliné originaire de Los Pinos, break danseur, chapardeur qui sera, contre son gré, soumis à la discipline de fer du monde du ballet grâce à un père intangible quant à la destinée de son fils, au jeune homme qui s'affirmera comme l'héritier des Noureev et Baryshnikov, tellement son talent est immense et qu'il séduit. Sans détour, sans complaisance, Carlos nous parle de lui, se révèle au lecteur sans jamais tomber dans le patos ou les clichés de l'art difficile, de la souffrance physique. Il le reconnait et le répète : Acosta travaille beaucoup.
Tout en nous parlant de ses regrets, ses déchirures : cubain dans l'âme, il vivra éloigné de sa famille dès le plus jeune âge, "embrigadé" par la formation classique dispensée à Cuba. Il se sentira coupable du destin qui frappe les siens, étranger dans son île qu'il respecte et adore. Auxquels s'ajoutent les déceptions amoureuses de ce grand romantique, timide et maladroit avec les femmes, qui s'interdit de croire qu'il peut plaire. Mais les lignes tracées par Carlos Acosta sont régulièrement ponctuées d'humour : ses premières érections pour ses partenaires, sa découverte, adolescent, du monde capitaliste occidental, sa première rencontre avec Lady Di... hilarant.
Avec "no way home, a cuban dancer's story", Carlos Acosta rend un vibrant hommage à tous ceux qui l'ont conduit à son statut de star : à son père "one of the greatest men I have ever known", à Chery son professeur cubain qu'il considère comme sa seconde mère, à Ben Stevenson... bref à tous ces gens que l'on voudrait nous aussi remercier tellement la danse qui nous est livrée aujourd'hui par Carlos Acosta est un émerveillement.
Extrait :
"You know what the difference is between me and you ? You have spent your life talking to me about art when all I really wanted was a home. I'm sure I'll have many houses, but a house is not a home. My home was this one and I lost it. You gave me life, and yet you're a stranger to me. But I'm famous, so we can drink to that ! After all, I managed to do what you told me to, so we should at least drink to that, to the fame of the son that you never see, the one who has the mark of a foreigner on his forehead" (...) "eh, Papito, remember that" (...) "Your art, Yuli... your art is your house, my son !"
mardi 15 juillet 2008
Les Fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup
Ram Mohammad Thomas possède un patronyme à l’image de son pays : multiple, pétri d’espoirs, de croyances, de contradictions. Serveur de 18 ans, il est l’heureux lauréat d’un jeu télévisé inédit, « Qui va gagner un milliard (de roupies) ? ». Incapable de payer une telle somme, la production profite de la modeste condition de Ram pour l’accuser de tricherie et le faire arrêter. Défendu par une avocate, Ram déroule pour elle le fil de sa vie, considérant la chance qui l’a mené à connaître toutes les bonnes réponses aux questions.Malgré la faiblesse d’un prétexte dramatique quelque peu artificiel, Vikas Swarup propose ici une peinture vive de son pays, témoignage d’une volonté dénonciatrice indéniable : de l’orphelinat aux abords touristiques du Taj Mahal, l'histoire du héros reflète l’Inde du dénuement, de la corruption et des extrêmes dans laquelle il a grandit. L’omniprésence de la misère et de la cruauté sert de fil rouge aux récits successifs du héros, orphelin soumis aux caprices d’une destinée hasardeuse.
"Les Fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire" est loin d'être phénoménal d’un point de vue littéraire mais il se lit facilement. Idéal lorsque vous lisez beaucoup dans les moyens de transport, ou entre deux bains de soleil.
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