jeudi 28 mai 2009

dimanche 17 mai 2009

Journée internationale contre l'homophobie

Je dédie ce post à Vanessa Van Durme qui hier soir encore a reçu, à l'issue de son spectacle "Regarde maman, je danse", une véritable ovation au théatre des Abbesses.

Cartographie de l'homophobie (source : www.actupparis.org)

Cette carte révèle que moins de 20 pays reconnaissent la pluralité des orientations sexuelles (en la protégeant des discriminations) alors que plus de 90 pays interdisent toujours l’homosexualité. Ce que cette carte ne révèle pas ce sont bien sûr les formes de discriminations et de violences qui ne s’inscrivent pas un cadre légal mais dont sont quotidiennement victimes les homosexuelles.


Homosexualité illégale dans plus de 90 pays (en bleu foncé sur la carte)
Une bonne moitié d’États de la planète interdit les relations sexuelles entre personnes de même sexe ou les réprime systématiquement (y compris certains états des États-Unis). Les peines encourues vont jusqu’à la peine de mort (Afghanistan, Iran, Mauritanie, Pakistan, Soudan et Yémen) : Afghanistan, Algérie, Angola, Arabie, Arménie, Bahreïn, Bangladesh, Barbade, Bénin, Bhoutan, Botswana, Birmanie, Bosnie, Brunei, Burundi, Cameroun, Cap Vert, Corée du Nord, Cuba, Djibouti, Egypte, Emirats Arabes Unis, Etats-Unis, Ethiopie, Fidji, Gabon, Ghana, Grenade, Guinée, Guinée Equatoriale, Guyana, Haïti, Inde, Iran, Iraq, Jamaïque, Jordanie, Kénya, Kiribati, Koweït, Liban, Libéria, Libye, Malaisie, Malawi, Maldives, Maroc, Marshall, Maurice, Mauritanie, Micronésie, Mongolie, Mozambique, Nauru, Nicaragua, Nigéria, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pérou, Qatar, Rwanda, Salomon, Samoa, Sainte-Lucie, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Singapour, Somalie, Soudan, Sri Lanka, Syrie, Swaziland, Taïwan, Tanzanie, Togo, Tonga, Trinité et Tobago, Tunisie, Turkménistan, Tuvalu, Vatican, Yémen, Zaïre, Zambie, Zimbabwe.

Homosexualité non reconnue dans près de 80 pays (en bleu moyen)
Une autre moitié se désintéresse de la question : l’homosexualité n’est pas illégale mais n’existe pas dans les textes officiels. Ce qui n’empêche pas la répression comme en Chine, au Népal ou en Indonésie : Andorre, Antigua et Barbuda, Argentine, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Bahamas, Bélize, Biélorussie, Bolivie, Bulgarie, Burkina Faso, Cambodge, Centrafrique, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Congo, Corée du Sud, Croatie, République Dominicaine, Dominique, Equateur, Erythrée, Estonie, Gambie, Grèce, Guatemala, Guinée Bissau, Honduras, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Kazakhstan, Kirghizstan, Laos, Lesotho, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Madagascar, Mali, Malte, Moldavie, Namibie, Népal, Niger, Palau, Panama, Philippines, Pologne, Roumanie, Russie, Saint-Marin, Salvador, Serbie-Monténégro, Slovaquie, Slovénie, Saint Kitts et Nevis, Suisse, Surinam, Tadjikistan, Tchad, Tchéquie, Thaïlande, Turquie, Ukraine, Uruguay, Vanuatu, Vénézuela, Vietnam.

Homosexualité légale dans moins de 21 pays (en bleu ciel)
Une poignée de pays reconnaissent l’existence de l’homosexualité et les droits des personnes homosexuelles en interdisant la discrimination selon l’orientation sexuelle ou en instaurant des partenariats ouverts aux personnes de même sexe : Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Canada, Costa Rica, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Islande, Israël, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal [2], Royaume-Uni, Suède.

La transphobie tue
Cette journée contre l’homophobie doit aussi être l’occasion dé dénoncer les violences à l’égard de toutEs les Lesbiennes Gays Bis Trans’, et en particulier celles contre les trans’ trop souvent oubliées.

[1] Source : International Gay and Lesbian Association 2005, Guide Spartacus 2003/2004
[2] ce pays apparaît en bleu moyen sur la carte reproduite ci-dessus, il s’agit d’une erreur.

mercredi 29 avril 2009


Ekaterina Maximova (1939 - 2009)

mardi 17 février 2009

Duo XI, Mexico, by Herb Ritts (1990)

samedi 7 février 2009

Soirée Lifar, Petit, Béjart

J'assistais ce vendredi 6 février à cette "triple bill" présentée par le ballet de l'Opéra à Garnier. Avec beaucoup d'impatience car cette affiche, jusqu'à présent présentée lors de tournée en Province, est fort alléchante par les chorégraphes et les chorégraphies qui la composent. J'aurais volontiers préféré "Le jeune homme et la mort" à "l'Arlésienne" de Petit... et pourtant, incontestablement, c'est l'interprétation donnée par B. Pech qui m'a le plus séduit au cours de cette soirée. "Suite en blanc" de Serge Lifar, créé en juillet 1943 sur une musique orientalisante d'Edouard Lalo, est une anthologie de pas d'école, destinée à illustrer la qualité des solistes et étoiles présents dans la compagnie. Le chorégraphe utilise la sixième position (pieds serrés parallèlement l'un contre l'autre) et la septième position (toujours parallèle mais sur pointes et les genous fléchis) qu'il a mises au point, où les pieds gardent leur naturelle comme dans la marche, ainsi que des arabesques, dégagés, développés sortis de leur axe vertical, ce qui, avec les pliés des genoux et le basculement des pointes en avant, apporte à la danse académique un manièrisme fort agréable au regard. Muriel Zusperreguy (pas de cinq), Myriam Ould-Braham (Sérénade) et Agnès Letestu (la cigarette) excellent dans cet exercice. La Mazurka de J. Bélingard m'est apparu "hors sujet" ; l'étoile semblait encore investi de son rôle d'Abderam et cette "différence" d'interprétation, qui aurait dû me plaire, m'a agacé.
"L'arlésienne" de Roland Petit, d'après la nouvelle d'A. Daudet. Oeuvre en demi-teinte, bien agencée, mais qui n'apporte rien de particulièrement nouveau au ballet classique, l'Arlésienne repose sur les épaules des deux protagonistes que sont Vivienne (Delphine Moussin) et Frederi (Benjamin Pech). Outre une danse précise, nette et d'une grande générosité, Benjamin Pech a offert une interprétation sublimale. Il exprime avec beaucoup d'intelligence cet être amoureux, torturé et fou... Chapeau bas à ce danseur que le public a châleureusement applaudi, à juste titre.
Mais c'est le "Boléro" de Béjart qui attire ces jours-ci les foules à Garnier.
Ida Rubinstein, alors directrice de compagnie, décida de s'offrir nombre des ex-collaborateurs de Diaghilev et ses Ballets russes. Et c'est ainsi que Nijinska chorégraphia une partition commandée à Maurice Ravel dont on connait une photographie, en maillot de bain, assis au piano, annotant sa partition. C'est à lui que l'on doit l'argument initial qui justifie cette musique pulsive et répétitive. Dans une taverne espagnole, une gitane danse un boléro. Autour d'elle, les hommes, fascinés, se pressent de plus en plus. Elle monte sur une table. Mais cela ne dissuade pas ses admirateurs, qui l'accompagnent de pirouettes, tournent autour de la table et finnissent même à genoux, jusqu'à ce que dans l'extase, elle s'abandonne et que les hommes la soulèvent au dessus de leur tête. Mais c'est avec la relecture de Béjart que l'oeuvre va accéder à la célébrité mondiale. Pour lui, pas de taverne, pas de buveur, pas d'Espagne, mais un principe qui respecte la thématique originelle. Une danseuse/un danseur sur la vaste table ronde. Elle/il s'anime au rythme de la musique et la gradation sonore entraîne aussi les garçons assis sur des chaises disposées en carré. Au moment, où, au comble de l'excitation et de la pulsion, ils vont envahir la table, tous s'effondrent. La force de ce "Boléro" est d'exprimer une fascination paradoxale pour l'énergie sexuelle plutôt qu'une simple séduction, même excessive. Et pourtant, Nicolas Leriche n'a pas réussi à me séduire, ni même à me convaincre. Est-ce dû à l'interprétation masculine de la chorégraphie ? ou au choix de marteler la chorégraphie d'accents excessifs qui n'apportent rien à la partition ? toujours est-il que c'est mon "premier" Boléro pendant lequel je perds du regard l'interprère principal pour poser mes yeux sur le corps de ballet... qui du coup est beaucoup plus intéressant et harmonieux que l'étoile, ô combien encensée, dans ce rôle. Déception... là où les Gillot, Guillem m'ont charmé, envoûté, Leriche me laisse de marbre. Et de penser que heureux sont les japonais qui peuvent admirer la Guillem, actuellement en tournée au pays du soleil levant avec ... Boléro !