
Pour Superstars, Rachid Ouramdane a interviewé les danseurs du Ballet de l'opéra de Lyon et sélectionné sept d’entre eux, d’après le pittoresque de leur parcours. Il leur a demandé de s’inventer un solo, dansé sur les accords du guitariste Alexandre Meyer et illustré par la voix de l'interprète racontant ses souvenirs, liés pour la plupart, à des bouleversements historiques.
Si les soli, intensément portés par chaque danseur, sont basés sur une gestuelle minimaliste, répétitive et tranquille, la pluridisciplinarité à laquelle recourt Ouramdane pour aborder la question de l'identité, agace rapidement et transforme cette pièce en propos mille fois entendu et convenu. Ennuyeux.

Esthétique tranchée, glacée et énervée.
Le chorégraphe montre qu'il maîtrise parfaitement les déformations qu'il a imposé au vocabulaire académique qu'il allie à la déconstruction de l'espace. Sur une longue cloison ondulante et imposante, les danseurs pour certains vétus de costumes brouillant leurs formes, semblent écrasés par la lumière. Car le jeu des lumières procède de la même volonté de déconcerter le regard du spectateur. Les danseurs déplacent eux-mêmes de gros projecteurs sur roulettes, ou bien, jouent sur le visible et l'invisible. Puisque la danse a également élu domicile dans le contre-jour.
Les danseurs du ballet de l'Opéra de Lyon défendent avec brio le vocabulaire académique aux principes exaspérés pour montrer l'éclatement du monde à travers l'éclatement de la structure de la danse. Trente minutes de plaisir intense accompagnées par la musique de Thom Willems.