
Carlos Acosta nous livre dans ces pages à la fois son autobiographie, ses interrogations et ses blessures. Celles d'une étoile du monde la danse et d'un homme qui danse.
Du gamin indiscipliné originaire de Los Pinos, break danseur, chapardeur qui sera, contre son gré, soumis à la discipline de fer du monde du ballet grâce à un père intangible quant à la destinée de son fils, au jeune homme qui s'affirmera comme l'héritier des Noureev et Baryshnikov, tellement son talent est immense et qu'il séduit. Sans détour, sans complaisance, Carlos nous parle de lui, se révèle au lecteur sans jamais tomber dans le patos ou les clichés de l'art difficile, de la souffrance physique. Il le reconnait et le répète : Acosta travaille beaucoup.
Tout en nous parlant de ses regrets, ses déchirures : cubain dans l'âme, il vivra éloigné de sa famille dès le plus jeune âge, "embrigadé" par la formation classique dispensée à Cuba. Il se sentira coupable du destin qui frappe les siens, étranger dans son île qu'il respecte et adore. Auxquels s'ajoutent les déceptions amoureuses de ce grand romantique, timide et maladroit avec les femmes, qui s'interdit de croire qu'il peut plaire. Mais les lignes tracées par Carlos Acosta sont régulièrement ponctuées d'humour : ses premières érections pour ses partenaires, sa découverte, adolescent, du monde capitaliste occidental, sa première rencontre avec Lady Di... hilarant.
Avec "no way home, a cuban dancer's story", Carlos Acosta rend un vibrant hommage à tous ceux qui l'ont conduit à son statut de star : à son père "one of the greatest men I have ever known", à Chery son professeur cubain qu'il considère comme sa seconde mère, à Ben Stevenson... bref à tous ces gens que l'on voudrait nous aussi remercier tellement la danse qui nous est livrée aujourd'hui par Carlos Acosta est un émerveillement.
Extrait :
"You know what the difference is between me and you ? You have spent your life talking to me about art when all I really wanted was a home. I'm sure I'll have many houses, but a house is not a home. My home was this one and I lost it. You gave me life, and yet you're a stranger to me. But I'm famous, so we can drink to that ! After all, I managed to do what you told me to, so we should at least drink to that, to the fame of the son that you never see, the one who has the mark of a foreigner on his forehead" (...) "eh, Papito, remember that" (...) "Your art, Yuli... your art is your house, my son !"