Pour relever ce défi, deux jeunes prodiges de la compagnie agés respectivement de 21ans et 18ans incarnaient Kitri et Basilio, les héros de Petipa. Le battage médiatique fait autour de Natalia Osipova (Kitri) et Ivan Vassiliev (Basilio) expliquait certainement que le Coliseum affichait complet. D'ailleurs, la communauté russe anglophone s'était mobilisée pour venir encourager les enfants du pays. Les "brrrrraaavo" et les applaudissements ont été forts nombreux et enthousiastes pour encourager les jeunes solistes... seulement je n'ai pas adhéré au spectacle qui nous a été donné. La "piste aux étoiles" ne m'a pas ébloui. Bien sûr, on ne peut pas reprocher à Osipova de ne pas bondir, à Vassiliev de ne pas exécuter des pirouettes saut carpé à la perfection... mais s'agissait-il de danse ou d'une démonstration de gymnastique ? avant les fameuses diagonales de Kitri ou chacun espérait voir revivre une Plissetkaïa, Osipova grimaçait comme une gymnaste se crispe avant sa série d'acrobaties qui fera qu'elle sera championne ou déchue. Le public a eu ce qu'il réclamait au dépend d'une gestuelle habitée. Dans le deuxième acte, Kitri/Dulcinée a proposé une danse dénuée de tout lyrisme... certes, une belle démonstration technique. Ce n'est pas en ajoutant quelques mimiques que l'on incarne Kitri. Basilio semblait également trop noble pour le rôle et souvent en retrait face à sa partenaire qui voulait occuper le devant de la scène coûte que coûte. D'autant qu'entre les solistes et le corps de ballet rien ne se passait. Quelle froideur ce Don Quichotte ! il semblait tout droit venu des steppes de Sibérie... on était loin, très loin du sang chaud, des railleries et des blagues qui animaient gaiement les Don Quichotte présentés par le Ballet de Cuba.
Bien évidemment, les deux jeunes solistes gagneront en maturité. Mais au delà de cette belle leçon de gymnastique, ne doit-on pas s'interroger sur le rayonnement du Bolchoï qui affiche en première soirée deux très jeunes danseurs qui ont encore beaucoup à prouver ? Après Acosta, étoile invitée, qui brûlait les planches dans Spartacus, deux gymnastes sans grand intérêt artistique essayaient vainement d'animer les danseurs d'une compagnie qui semblaient vraiment s'ennuyer... le Bolchoï a-t-il donc perdu toute sa superbe ? Certes, Irina Zibrova rayonne en Mercedes, Ekaterina Shipulina éclaire la scène en reine des Dryades... mais la magie de Don Quichotte ne prend pas. Alors même que l'orchestre, mené gaillardement par Pavel Sorokin a donné toute sa superbe pour rendre agréable la musique de Minkus.(photo 1 issue du programme "Bolshoï 2007")

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